Arrangements, on compose de ci de là,
de bric de broc, un peu de colère, beaucoup de patience,
un peu de je t’aime et des tas de ras le bol
on tricote les mailles, endroit, envers,
deux rangs en rouge, trois rangs en rose
Un peu pour moi, trop pour tous et pas pour toi
Je te veux, je n’te veux plus, je te quitte, je reste, je construis puis je détruis
Tour de Pise toute de guingois, tour de Babel beaucoup trop belle,
On vit, on s’écoute beaucoup.
D’autres survivent et meurent, mais c’est la vie "quoi",
on continue de croire qu’on est malheureux.
L’hopital charrie son flot de malades, de mourants,
les recoins betonnés des villes inhumaines abritent une foule sans abris,
les vieux pleurent sans personne pour les entendre,
des régimes affament leurs peuples au non du pouvoir,
des femmes, des hommes, des enfants sont maltraités dans l'indifférence...
Et moi je crie, je m’appitoie, je m’attriste
pour quelques mots. Trois petits tours,
on ouvre et on referme, les pages se tournent dans l’ordre ou le désordre
on recule et on avance, lis et relis les douceurs ou les malheurs.
On s’explore, se pose des « pourquoi » qu’on imagine grands
mais qui sont tout petits devant les enfants des rues, les enfants battus
Il me revient alors « La Prière »
Par le petit garçon qui meurt près de sa mère
Tandis que des enfants s'amusent au parterre
Et par l'oiseau blessé qui ne sait pas comment
Son aile tout à coup s'ensanglante et descend
Par la soif et la faim et le délire ardent
Je vous salue, Marie.
Par les gosses battus, par l'ivrogne qui rentre
Par l'âne qui reçoit des coups de pied au ventre
Et par l'humiliation de l'innocent châtié
Par la vierge vendue qu'on a déshabillée
Par le fils dont la mère a été insultée
Je vous salue, Marie.
Par la vieille qui, trébuchant sous trop de poids
S'écrie: " Mon Dieu ! " par le malheureux dont les bras
Ne purent s'appuyer sur une amour humaine
Comme la Croix du Fils sur Simon de Cyrène
Par le cheval tombé sous le chariot qu'il traîne
Je vous salue, Marie.
Par les quatre horizons qui crucifient le monde
Par tous ceux dont la chair se déchire ou succombe
Par ceux qui sont sans pieds, par ceux qui sont sans mains
Par le malade que l'on opère et qui geint
Et par le juste mis au rang des assassins
Je vous salue, Marie.
Par la mère apprenant que son fils est guéri
Par l'oiseau rappelant l'oiseau tombé du nid
Par l'herbe qui a soif et recueille l'ondée
Par le baiser perdu par l'amour redonné
Et par le mendiant retrouvant sa monnaie
Je vous salue, Marie.
Et aussi la chanson de Kamaro « Petits Princes »:
J'ai vu des choses mon vieux, des choses qui font mal
J'ai vu des larmes qui coulent, des enfants qui ont mal
On n'a le droit de s'en foutre, c'est rien de banal
Le temps qui passe pour nous, pour eux est fatal
Mais, on n'est pas la pour la pitie
On n'est pas la pour pleurer leur sort
Je voulais que cette chanson leur soit dediee
Que tous ensemble, pour eux, on y croit encore...
Aucune raison n'est bonne pour un enfant de souffrir
Il n'y a pas de raison pour une âme de ne pas sourire
Mais la vie a fait que pour certain ce n'est pas pareil
Il y en a qui viennent au monde déjà prêts pour un long sommeil
C'est triste, et il faut faire quelque chose
Il faut qu'on s'implique dans de petites et simples choses
Qui pour eux font la difference
Ub sourire aux levres, un message de l'esperance
Leve ta mainpour ces princes des ghettos
Qui ne voient que l'ampleur de l'etau
Qui tous les jours se battent pour survivre
En esperant un jour ne plus soufrir
Leve ta main pour ces petits princes de la rue
Qui ne voient que leur destin perdu
Et simplement que l'on se souvienne
Que pour tout le monde la vie n'est pas la même
La cicatrice reste, quand marquee sur un enfant,
mais leur visage s'illumine, a chaque main qu'on leur tend
Tu sais pour eux le bohneur ne tient a rien.
Si je pouvais en faire sourire rien qu'un
Je me sentirais déjà bien
Ces enfants de la famine
Ces enfants des terres hostiles
Ces gosses qui ne l'ont pas choisi
Mais qui en portent des traces indelebiles
Parle pour eux mon gars, prie pour eux mon gars
plus tu ne manques de rien et plus il y en a pour qui ça s'arrete la.
C'est la vie qui l'a choisi ainsi
Sans trop savoir qui en paierait le prix
Et coulent des larmes sous un ciel gris
Malheureusement ce sont eux qu'on oublie
En esperant qu'un jour les choses changent
C'est déjà bien qu'ensemble on y pense
Surtout que je sais qu'il aurait pu etre le mien.
Ce petit prince triste qui me tend la main